Salut à toi noble Voy(ag)eur

Et bienvenue dans cette bibliothèque, havre de guerre et de psychose, dans une toile aseptisée laissant malheureusement si peu de place à la folie ou à la mort.

Eh bien installe toi bien inconfortablement, tu es entre de bonnes mains. Bien sûr le lieu est encore un peu vide, mais fais moi confiance, d'ici peu tu louera ce moment béni ou tant d'hérésies t-étaient encore étrangère.

Mes armes : Des livres qui posent le plus souvent plus de questions qu’ils ne donnent de réponses, des écrits naviguant entre génie et folie, des œuvres parfois à tort méconnues ou oubliées, mais dont le ton est toujours à l’opposée de cette monoculture de masse volontiers futile et volontairement abrutissante.

Mon objectif : faire découvrir à ton cerveau, inexorablement engourdi par les dictats d'un monde aseptisé, les merveilles de la névrose, l'esthétique du pire, ou le vertige que procure la vue de l'infini. Appelle celà Alter Philosophie ou Vile Prétention, comme bon te semble, mais si le coeur t-en dis, viens trouver ici le futur carburant de tes réflexions enfin dés-abusées.

Bonne lecture, et souviens toi que les mots sont omnipotents, car ils agissent sur la seule chose qui compte réellement à tes yeux : TOI.

vendredi 20 juin 2008

Shanghai baby par Zhou WEIHUI

Incipit :
1
A LA RENCONTRE DE L'AMOUR

Dora dit : "Fais des enfants !"
Maman et Betsy disent : "Trouve toi une
oeuvre de bienfaisance,

Aide les indigents et les informes
Ou bien consacre du temps à l'envirronnement
C'est vrai, le monde des nobles causes est vaste,
Un merveilleux paysage à découvrir.
Mais pour l'instant, une seule chose m'importe,
Me trouver un autre amant !

Mon nom est Ni Ke, mes amis m'appellent Coco (du nom de Coco Chanel. Une grande dame française qui mourut à l'âge de quatre-vingt-dix ans. Mon idole après Henry Miller).
Tous les matins au réveil, je me demande que faire d'original pour attirer l'attention des gens. Et maintenant, m'élever dans le ciel de la ville en pétaradant comme un bouquet de feux d'artifice est devenu mon unique ambition, la seule raison valable que j'ai de m'accrocher à la vie.
Le fait d'habiter Shanghai joue beaucoup. Une grisaille brumeuse, des rumeurs opressantes ainsi que cet éternel sentiment de supériorité que nous cultivons depuis la Belle Epoque planent continuellement sur la ville. Un sentiment qui s'impose à la jeune femme susceptible et fière que je suis, et que je hais autant que je chéris.
Après tout, je n'ai que vingt-cinq ans. Il y a un an, j'ai publié un roman. Un vrai bide financier, toutefois je me suis forgé une certaine réputation (des lecteurs du sexe fort m'ont écrit et envoyé des photos licencieuses). Il y a trois mois, j'ai quitté un poste de journaliste dans un magazine et maintenant je suis hôtesse en mini-jupe dans un bar, le Lüdi.

Morceaux Choisis :
Pour Tiantian, tous les êtres anormaux, et surtout les fous de l'asile, méritent le plus grand respect. Les fous sont considérés comme tels uniquement parce que la société ne comprend pas leur type d'intelligence. La seule beauté crédible à ses yeux est celle liée au morbide, au désespoir, voire au crime.

On ne devrait pas rester enfermé chez soi. La réflexion, l'écriture, le silence, les rêves et l'imagination peuvent mener les gens au bord de la folie. D'impitoyables expériences scientifiques ont prouvé que quatre jours suffisent pour faire d'un individu, laissé seul dans un espace clos, un élément incontrôlable prêt à se jeter par la fenêtre. La folie est à la portée de tout le monde.

C'est la peur de la solitude qui pousse les hommes à apprendre à aimer.

Ne pas accepter les invitations
d'individus louches - et n'oubliez pas
que tous les hommes sont des individus
louches.
ROBIN MORGAN

Quoi que tu fasses dans la vie, il faudra en accepter les conséquences. Toi qui as toujours à la bouche les théories de Sartre sur la liberté, n'oublie pas qu'il s'agit de la liberté de choisir, d'une liberté conditionnée.

Nous sommes deux drôles de poissons qui font des longueurs dans un vide immense noyé d'une lumière orangée. Plus on est las et plus on resplendit. Plus on se pervertit et plus on est heureux.

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